Le mythe de la densité de mots-clés

Publié le par agence-redaction-web

kwd.jpgIl n’est pas rare de lire des conseils en référencement et en rédaction web qui évoquent la densité de mot-clef comme facteur de classement pour les moteurs de recherche. Certains évoquent une densité idéale, qui serait située entre 3% et 7%, sans jamais dépasser un maximum de 10%, d’autres évoquent des ratios allant de 2 à 3%. Chacun y va de sa petite estimation, mais les sources ne sont curieusement jamais citées. On peut même trouver des outils d’analyse de densité qui étudient la page et génèrent le ratio attendu. D’où sort cet indice de densité de mots-clés, et quel est son véritable impact ?  Il n’y en a en réalité strictement aucun. La densité de mots-clés est un mythe.

 

Une justification pseudo-mathématique

L’idée serait que les moteurs de recherche comptent le nombre de mots-clefs qui apparaissent dans la page. Plus le terme apparait, plus la densité est élevée, plus la probabilité est forte que la page soit intéressante par rapport à ce terme. Il existe même un système de calcul mathématique qui vise à justifier cette approche. Certains l’appellent IDM (Indice de densité de mots-clefs), en anglais KDi (Keyword Density Index) : sur un texte de 1000 mots, si une expression apparait 30 fois, la densité de mots-clefs sera de 30/1000 soit 3%.

 

Bien entendu, pour que cette densité ait du sens, il faut la comparer aux premières pages des résultats des moteurs de recherche. On adaptera ensuite la densité de la page pour la rapprocher de celle des meilleurs. Le résultat risque fort de ressembler à du javanais. Les pages « optimisées » de cette façon sont difficiles à lire, ne revêtent que peu d’intérêt et entament la crédibilité de votre site. Pire, elles risquent même d’être considérées comme du spam par les moteurs de recherche.

 

L’indice de densité de mots-clefs est en réalité un indice extrêmement basique, qui ne tient pas compte de la densité contextuelle (la position relative des termes les uns par rapport aux autres), ni de la dispersion des mots-clefs dans la page, c’est-à-dire leur position globale dans le texte, pas plus que du nombre de pages sur le site qui sont relatives à ce même mot-clef, ni de la typologie de mots-clefs (l’utilisation de synonymes et de termes connexes évocateurs d’un sujet commun), et encore moins de la structure du site ni de la manière dont les liens internes sont agencés. C’est un indice totalement dépourvu de valeur et d’intérêt, qui ne mérite absolument pas que l’on s’y attarde ne serait-ce qu’une seconde.

 

2012, et les outils d’analyse lexicale

 

Quelle preuve pouvons-nous apporter pour étayer cette affirmation ?

 

Nous sommes en 2012. Depuis la création de Google en 1998, beaucoup de mots-clés ont coulé sous les ponts. L’idée qu’une mesure aussi simpliste serait encore utilisée est faire injure au géant californien, qui dispose, rappelons-le, d’outils aussi performants que Google Translate capable de traduire en une fraction de seconde un texte de manière relativement intelligible, en se basant sur des occurrences et des rapports sémantiques et lexicaux.

 

Voici un exemple de cette analyse effectuée par Google Translate :

 

La phrase « le cheval rue et fait tomber l'étroit sot » est traduite en anglais sous la forme « the horse kicks and knocks the narrow fool ».

 

La phrase « le cheval rue et fait tomber les trois sceaux » est traduite en « the horse and brings down the street three seals ».

 

Cette seconde traduction ne veut rien dire, mais on peut noter que Google a analysé le mot « rue » dans un cas sous la forme « ruade » (kicks) et dans un autre sous la forme « voie, chemin » (street).  Pourtant le début de phrase reste le même : « le cheval rue ». Le moteur de traduction s’appuie sur la présence des autres mots pour essayer de formuler une traduction adaptée au contexte.

 

Un troisième essai avec « le cheval rue et fait tomber les trois seaux » retourne la traduction, plus correcte, « the horse kicks and knocks three buckets ». On note la disparition de l’article « the ».

 

Allons encore plus loin, avec « le cheval rue et fait tomber l'être oie sot ». Google le traduit encore différemment, sous la forme « Street and the horse being knocked silly goose ». La position du mot « horse » change et passe en milieu de phrase. Il est clair qu’une analyse contextuelle a été effectuée, mais qui dépasse les capacités du moteur, et pour cause puisque la phrase initiale est dépourvue de sens.

 

Comment penser qu’un outil capable d’effectuer en une fraction de secondes des analyses aussi puissantes, pourrait se contenter de calculer une densité de mots-clés ? C’est véritablement faire injure aux talentueux ingénieurs de Google.

 

Ce que dit Google

 

Mais laissons parler Matt Cutts, ingénieur logiciel et chef de l’équipe WebSpam chez Google, interrogé sur le sujet en aout 2011.

 

« Les gens pensent qu’il existe une recette qu’il suffit de suivre comme on suivrait une recette de cookies, et que si vous la suivez à la lettre vous serez classé n°1. Ce n’est pas comme cela que ça marche.

 

La manière dont les moteurs de recherche modernes fonctionnent, c’est que lorsqu’ils rencontrent le mot-clé une première fois, ils se disent « ah, c’est intéressant, ça doit parler de ce sujet ». Si ils le rencontrent une seconde fois, ils se disent « bon, ok, c’est vraiment à propos de ce sujet ». S’ils le rencontrent encore plusieurs fois, cela n’apporte qu’un bénéfice extrêmement marginal et pour tout dire sans intérêt. Si vous continuez à répéter les mots-clefs, alors vous risquez que le texte soit considéré comme du bourrage de mot-clefs, ou comme du contenu sans intérêt. Ce n’est pas parce que vous répétez un mot 7 ou 8 fois que cela va aider votre classement.

 

En réalité voici ce que vous devez faire. Assurez-vous que votre texte est suffisamment long pour pouvoir y insérer vos mots-clefs d’une manière naturelle, et non d’une manière artificielle. Ma recommandation est de lire le texte à voix haute, ou de le faire lire par quelqu’un d’autre. Si vous sentez que quelque chose parait artificiel, que ça sonne un peu faux, vous avez un problème. Si au contraire la lecture ne provoque pas de remarque particulière c’est que vous avez fait du bon travail.

 

Par contre, si vous faites partie des gens qui écrivent comme ceci : « Nous savons que vous êtes intéressé par les gadgets rouges, parce que les gadgets rouges sont une des choses les plus convoitées au monde, et si vous êtes un expert en gadgets rouges alors vous savez que la meilleure source d’information sur les gadgets rouges est le site blablabla.com » alors vous allez vraiment trop loin.

 

On peut facilement dire, lorsqu’on arrive sur une page, si la personne a essayé de mettre autant de mots-clefs que possible, parce que ça sonne faux. Lorsque nous sommes face à un tel comportement, nous considérons cela comme un signal négatif pour la page. En fait j’aimerais que les gens arrêtent cette obsession de densité de mots-clefs.

 

La densité idéale varie selon selon le sujet, selon la façon dont les sites concurrents se comportent, et si vous tombez sur quelqu’un qui vous assure qu’il existe une densité idéale, soyez prudent : il essaye probablement de vous vendre un logiciel de densité de mots-clefs ou quelque chose du genre.

 

J’espère que l’on peut maintenant oublier cette conception erronée, que les gens vont cesser de s’inquiéter de la densité de mots-clefs. Assurez-vous simplement d’ajouter les mots que vous ciblez en les intégrant de façon naturelle, et tout devrait bien se passer. »

 

On ne saurait être plus clair.

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans rédaction web

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Commenter cet article

Naina 23/06/2014 11:40

Je pense que les moteurs de recherche n'accordent plus trop d'importance aux mots clés. Ils jugent surtout sur la pertinence du contenu et le nombre de clics, de j'aime ou encore de partage. Ainsi,
cela ne sert plus à rien de bourrer un texte de mots clés. Seuls les stratégiques doivent être placés en tête d'article, et ce de façon naturelle.

sous-traitant offshore madagascar 10/10/2013 12:28

Merci Lilyt, très bonne suggestion! L'idéal est tout simplement de savoir mesurer ses mots-clés.

agence web 14/09/2013 20:02

Je ne suis pas d'accord avec vous... il faut quand même qu'il y ait une certaine densité sur un mot clé pour dire aux moteurs de recherche de quoi on parle !
À charge au rédacteur de varier sa sémantique également ! :)

agence communication paris 25/07/2013 17:33

Un article intéressant, la bonne rédaction d’un texte est nécessaire non seulement vis-à-vis de google en ce qui concerne le référencement mais surtout vis-à-vis du lecteur car c’est lui qui
viendra ou non sur votre site en fonction de ce qui est dit. Les agences l’ont compris et mettent de plus en plus en avant ce point.

lilyt 07/03/2012 21:48

Tant mieux, quand j'ai des clients qui me demandent de mettre tant de mots clés (actuellement 3%, c'est pas énorme mais ça m'agace), je bloque. Quoi de plus agaçant que de se sentir obliger de
répéter cinq fois de suite le même mot ? Comment écrire naturellement et de manière fluide avec cette épée au dessus de la tête ?

Je crois que de toute façon, en ce qui concerne la rédaction web, le but est bien d'attirer google, on est d'accord, mais surtout les lecteurs. Un lecteur qui lit un texte bourré de répétition va
fuir et ne reviendra pas... Tout ça pour ça.

Et pour finir, le rédacteur rédige et optimise et le référenceur référence, c'est surtout son travail à lui. Moi je considère que mon travail est d'appâter les lecteurs.